Episode 4

Code de déontologie des enseignants-artistes

déontologie (du grec deon-ontos, ce qu'il faut faire, et logos, discours) est le propos moral qui traite des devoirs à remplir.

Un code de déontologie régit un mode d'exercice d'une profession  en vue du respect d'une certaine  éthique. C'est un ensemble de droits et devoirs qui régissent une profession, la conduite de ceux qui l'exercent, les rapports entre ceux-ci et les usagers.

On doit le terme à Jeremy Bentham , un philosophe anglais né en 1748 (la même année qu'Olympe de Gouges).

 il s'exprime en faveur de la liberté individuelle, de la liberté d'expression, de la liberté économique, de l'abolition de l'usure, de la séparation de l’Église et de l'État, du droit des animaux, de l'égalité des sexes2, du droit au divorce, de la décriminalisation des rapports homosexuels, de l'abolition de l'esclavage, de l'abolition de la peine de mort, et de l'abolition des peines physiques, y compris celle des enfants.


 Il écrit : « L'éthique a reçu le nom plus expressif de déontologie ».

le CODE DE DEONTOLOGIE DU METIER DE FORMATEUR ET DE FORMATRICE1

est disponible sur le site Philippe Meirieu.

Ce Texte a été élaboré par les étudiantes et étudiants dans le cadre des cours de Philippe Meirieu au sein du Master 2 « Métiers de la Formation » de l’Université LUMIERE Lyon 2, en novembre 2012

Il nous a servi de base pour la proposition d'un Code de déontologie des enseignant·es-artistes.

Chapitre 1 : L'enseignant·e-artiste doit considérer chaque apprenant comme un sujet

Article 1 : L'enseignant·e-artiste doit reconnaître chacun des apprenant·es dans sa singularité : son histoire, ses représentations, ses valeurs, ses stratégies d’apprentissage, ses acquis et ses projets.

Article 2 : L'enseignant·e-artiste ne doit jamais enfermer quiconque dans une identité indépassable : il doit lui permettre d’explorer, de découvrir et de s’engager vers d’autres possibles.

Article 3 : L'enseignant·e-artiste doit parier sur l’éducabilité de tous et ne jamais assigner quiconque à l’échec.

Article 4 : L'enseignant·e-artiste doit rendre possible, identifier et valoriser les apprentissages de chacun ; à travers les tâches réalisées, il doit l’aider à repérer les objectifs atteints et les progrès effectués.

Article 5 : L'enseignant·e-artiste doit permettre à la personne d’échapper aux relations d’emprise et de séduction par l’organisation systématique d’une réflexion métacognitive sur les situations d’apprentissage : il doit toujours amener l’apprenant à se demander : qu’est-ce que j’ai fait ? qu’est-ce que j’ai appris et comment ?

Article 6 : L'enseignant·e-artiste doit promouvoir l’expression de chacun et empêcher toute forme d’humiliation, d’agression ou d’exclusion ; pour cela l'enseignant·e-artiste doit, en particulier, garantir à chacun le droit au tâtonnement et à l'erreur. (*)

Article 7 : L'enseignant·e-artiste doit, à travers tous ses comportements, lier en permanence bienveillance, respect et exigence à l’égard de tous et toutes. (*)

Article 8 : L'enseignant·e-artiste doit respecter et faire respecter l’intégrité morale et physique de toute personne à chaque instant. L'enseignant·e-artiste porte également une attention particulière aux signaux faibles montrant des maltraitances subies, y compris en dehors du lieu d'enseignement.

Chapitre 2 : L'enseignant·e-artiste doit être le·la garant·e de la structuration du collectif apprenant

Article 9 : L'enseignant·e-artiste doit expliciter le cadre de la formation, ses exigences et ses objectifs pédagogiques ; il doit garantir l’accès aux informations requises pour la réussite de la formation et aux ressources nécessaires pour effectuer les apprentissages.

Article 10 : L'enseignant·e-artiste doit présenter les modalités indispensables au bon déroulement du travail proposé, permettre leur appropriation et leur éventuelle adaptation en fonction des contraintes qui pourraient émerger. (*)

Article 11 : L'enseignant·e-artiste doit veiller à mettre en place les méthodes de travail permettant à chacun d’effectuer les opérations mentales requises par les apprentissages ; il doit faire en sorte que les modes de regroupement choisis servent les objectifs visés.

Article 12 : L'enseignant·e-artiste doit recentrer systématiquement le groupe sur l’acte d’apprendre afin que les relations interpersonnelles, les réseaux psychosociaux et les affects n’entravent pas la dynamique de formation.

Article 13 : L'enseignant·e-artiste doit s’attacher à formuler les consignes nécessaires au bon déroulement du travail avec la plus grande clarté et précision, en vérifiant leur assimilation par tous.

Article 14 : L'enseignant·e-artiste doit s’astreindre à respecter lui-même les règles sociales qui s’appliquent aux apprenant·es.

Chapitre 3 : L'enseignant·e-artiste doit interroger en permanence les savoirs qu'il·elle transmet et les méthodes qu'il·elle utilise

Article 15 : L'enseignant·e-artiste est responsable de la pertinence des savoirs transmis. A ce titre, il s’assure de la validité des contenus.

Article 16 : L'enseignant·e-artiste doit s’inscrire lui-même dans une dynamique permanente de formation : veille professionnelle, actualisation de ses connaissances, maintien et développement de ses compétences. Pour cela, L'enseignant·e-artiste doit régulièrement suivre une formation de formateurs, s’impliquer dans un réseau d’échanges de pratiques. L'enseignant·e-artiste doit continuer à développer sa propre expérience artistique (*)

Article 17 : L'enseignant·e-artiste doit être conscient des limites de ses propres savoirs et savoirs-faire et les reconnaître face aux apprenant·es. Il doit rechercher les informations dont il ne dispose pas et être capable de renvoyer l’apprenant à d’autres sources de savoir que lui-même, d'autres formateurs·trices, mieux à même de répondre à ses besoins (*)

Article 18 : L'enseignant·e-artiste doit faire preuve d’impartialité dans la transmission des savoirs, dans l’animation des groupes et dans les évaluations qu’il effectue. L'enseignant·e-artiste doit s'interdire toute forme de distinctions péjoratives entre les différentes traditions et esthétiques musicales. (*)

Article 19 : L'enseignant·e-artiste doit rechercher et élaborer les méthodes pédagogiques les plus adaptées afin de permettre aux apprenant·es de développer leurs compétences artistiques. (*)

Article 20 : L'enseignant·e-artiste doit construire des évaluations qui permettent à l’apprenant de se situer dans ses apprentissages et de progresser en identifiant ce qu’il a appris, ce qu'il sait faire, le chemin parcouru et ce qu’il lui reste à acquérir. (*)

Article 21 : L'enseignant·e-artiste doit expliciter et respecter son positionnement institutionnel ; il doit confronter les acquisitions des apprenant·es au cahier des charges fixé par l’institution pour laquelle il intervient.

Chapitre 4 : Principes de moralité et de probité des enseignant·e-artistes

Article 22 : L'enseignant·e-artiste ne se sert pas de la mission que lui a donné la collectivité pour proposer aux usagers des cours particuliers. Les cours particuliers et une mission de service au public, sont incompatibles sur un même territoire.

Article 23 : L'enseignant·e-artiste a pour mission le conseil aux élèves. Ce travail de conseil ne peut déboucher sur une rémunération supplémentaire. Les commissions accordées par certains marchands de musique, ou luthier, sur l'achat ou la location des instruments de musique sont proscrites.

Article 24 : L'enseignant·e-artiste a le devoir de signaler toute forme de violence qu'il·elle a pu constater dans l'établissement d'enseignement artistique.

Article 25 : L'enseignant·e-artiste a le devoir de dénoncer les agissements maltraitants des directions quand elles ont lieu (népotisme, corruption, harcèlement des personnels, harcèlement sexuel, discriminations sexistes, racistes ou homophobes)