PRATIQUE 1

Le Violentomètre de l'enseignement musical

l'enseignant ou l'enseignante respecte tes goût musicaux, tes envies

le·la prof cherche à te proposer des situations pédagogiques motivantes

Il·elle prend en compte tes goût tout en te donnant la possibilité d'explorer d'autres styles que tu ne connais pas pour élargir tout champ culturel et pourquoi pas faire naître de nouvelles envies.

L'enseignant·e est attentif à toi.

il·elle se préoccupe de ta personne, s'intéresse à ton cadre familial ou aux difficultés que tu peux rencontrer dans les autres aspects de ta vie.

Sans être intrusif, il·elle te considère comme un hêtre humain à part entière, avec ses goût, ses envies, ses découvertes et curiosités, ses hauts et ses bas.

L'enseignant·e salue tes progrès, t'encourage et favorise la confiance en toi.

Le renforcement positif est indispensable à la progression d'un musicien.

L'enseignant·e joue avec toi sans t'écraser.

Il·elle t'accompagne, te montre, son jeu est source de motivation.

L'enseignant·e est modeste.

Il·elle reconnaît qu'il·elle ne sait pas tout. Il·elle est ouvert à la découverte de choses nouvelles. Il est à l'écoute de tes propositions ou de celles de ses collègues.

L'enseignant·e t'impose ses choix

L'enseignement de la musique c'est un partenariat ! La place de l'élève dans le processus d'apprentissage est centrale. Imposer des choix, c'est renforcer son pouvoir et faire fi des processus d'apprentissage.

L'enseignant·e t'impose un travail à la maison

Cette démarche peut entraîner une forme de culpabilité de la part de l'élève, remplaçant la motivation par l'obligation, parfois des conflits avec les parents, et peut aboutir à un dégoût de toute pratique musicale. Il est discriminant également, permettant aux élèves les plus « scolaires » de réussir. Proposer du travail à la maison en développer le goût et l'intérêt, oui. L'imposer, non !

L'enseignant·e prétend qu'il·elle a besoin de ta confiance.

La promotion de la confiance dans l'enseignant.e, c'est la relégation de la compréhension et de l'adhésion à ce qui est proposé. Un contrat didactique émancipateur permet au contraire à l'élève de développer son sens critique, et participe à la construction des envies et de la motivation, quelque soit son âge.

L'enseignant·e se prend comme exemple.

« J'en ai bavé pour en arriver là, ne crois pas que tu y arriveras sans ça ! ». L'enseignant·e se met au centre et en proclame exemplaire. Il·elle oublie qu'il y a mille et une façon d'apprendre, mille et un parcours différents pour devenir musicien·ne pratiquant, quelque soit le niveau. Son propre exemple n'est qu'une anecdote inutile et potentiellement sclérosante.

L'enseignant·e joue la partition de l'affectif

Un·e enseignant·e ne doit pas construire une relation basée sur l'affectivité avec les élèves. On a pas à « aimer » ses élèves, ce qui revient à en aimer certains plus que d'autres. On a une mission à remplir, avec chacun des élèves dont on a la charge.

L'enseignant·e pratique l'humiliation et la culpabilisation

« tu es le seul à ne pas y arriver ! », « vous êtes les plus nuls que je n'ai jamais vu ! », « pleure, pleure, tu pisseras moins », « ça fait 15 fois que je t'explique, et tu ne comprends toujours pas ! », « c'est quand même pas difficile ! « tu n'es pas fait pour la musique », « tu n'as pas d'oreille », « « non mais, tu ne fais rien à la maison, tu me fais perdre mon temps », « non mais tu te rends compte de l'effot que font tes parents pour t'amener ici ? », « non mais vous faites quoi en FM, sérieusement ? », « je te laisse seul dans la salle pour travailler, parce que là, on avance pas ! », etc.

L'enseignant·e crie, génère du stress

Les cris génèrent du stress. Ils sont une violence que nous n'avons pas à tolérer, ni en tant qu'élève, ni en tant que prof. Un·e prof a le devoir et la responsabilité de se maîtriser, en toute circonstance.

L'enseignant·e pratique le chantage.

« Si tu travailles bien, tu pourras rejoindre l'Harmonie », « si tu bosses ce morceau que tu n'aimes pas, on pourra regarder le morceau que tu voulais jouer ». Le chantage n'est pas compatible avec une démarche d'enseignement.

L'enseignant·e abuse de son pouvoir.>

Invoquer le « don », la « capacité naturelle », c'est user d'un savoir dominant, d'une position dominante. La pensée magique est autoritaire, parce qu'elle est irréfutable. Elle constitue un abus de pouvoir.

L'enseignant·e pratique la menace se faisant parfois le relais parfois, de l'établissement d'enseignement artistique.

« Si tu ne vas pas en FM, tu ne pourras pas continuer », « si tu ne réussis pas ton examen, je ne pourrai pas te garder », « si tu ne fais pas un effort, tu vas vois ce que tu vas voir ! », etc., etc.

La menace est une violence. Elle provoque un contexte non propice à l'apprentissage tout en étant condamnable éthiquement.

L'enseignant·e fait des remarques sur le physique des élèves

« ah ben avec tes mains, ça va pas être facile ! », « votre fils a une bouche à jouer du trombone » (un directeurcherchant à remplir la classe)

L'enseignant·e fait des remarques sexistes, racistes ou homophobes.

« oh, c'est bizarre un Noir dans la fanfare... et il est bon en plus ! », « cette élève là n'aura pas de mal à décrocher sa fin de cycle, en plus quand on la regarde, on aura même pas besoin de l'écouter », « elle est mignonne cette petite », « il est trop efféminé pour faire partie de la fanfare », « allez les mecs ! Vous êtes pas des chochottes ! »

L'enseignant·e violente les élèves.

Le coup de règle sur les doigts dans l'erreur a presque complètement disparu. Par contre, les gestes violents de remise en place d'un bras, d'un pied, etc. les élèves de FM ou d'orchestre déplacés brutalement par la manche...

La violence physique n'est pas acceptable dans l'enseignement.

Agressions sexuelles, viols.

Ces agissements sont des crimes. L'impunité et la loi du silence qui couvrent trop souvent les agressions sexuelles et les viols, ne sont pas acceptables.